La vie est dure

Publié le par Maman@home, blog de maman à la maison

 

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La vie comporte son lot de petits accidents, de petites bosses même si cela reste un cadeau formidable. Elle peut se révéler très douloureuse pour certaines personnes, l'égalité n'existant pas et surtout pas à ce niveau là. J'ai rencontré beaucoup de gens que la vie a oublié d'épargner contrairement à moi qui suis plutôt bien vue sur ce plan là. Des gens qui ont connu la perte d'un parent, les coups, l'alcoolisme du père, la vie en caravane du fait de manque de moyens financiers... de vrais gros coups durs on peut le dire.


Je suis issue d'une famille sans problème, mes parents sont ensemble et s'aiment, j'ai eu mes arrières grands parents et grands parents très longtemps, je n'ai jamais manqué de rien, j'ai eu l'occasion de faire des études supérieures, de partir à l'étranger et en vacances l'été avec mes parents. Une vraie vie heureuse, facile et douce. J'ai quitté le cocon familial à 18 ans et là non plus je n'ai manqué de rien, j'ai vécu une belle histoire d'amour qui a duré longtemps, j'ai souffert comme tout le monde quand ça s'est terminé. Ma vie n'a été marquée par aucune horreur. Je suis une privilégiée j'en ai pleinement conscience. Cet état de fait m'a assez longtemps fait flipper à vrai dire, je me disais que ce n'était pas normal, que quelque chose allait forcément arriver, ce n'était pas juste surtout ! Mais bon on sait tous qu'il n'y a aucune justice dans ce domaine.

 

J'ai été élevée dans le respect des autres et en ayant la valeur de l'argent, ce n'était pas parce que je n'avais pas besoin de travailler pour payer mes études que l'argent tombait tout cru, j'ai travaillé chaque été dès que j'ai été en âge de le faire pour me payer mes vacances. Mais j'ai conscience d'avoir été protégée (pas élevée dans une bulle non plus), c'est en allant à la rencontre des autres que j'en suis arrivée à  m'interroger sur cette éducation assez "protectrice", en ayant fait la rencontre de personnes issues de familles radicalement différentes. Des personnes que je trouvais bien plus prêtes à faire face à la vie et ce qu'elle peut semer comme embûches sur notre chemin.

 

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Il me semble que mes parents ont fait de moi une personne plus fragile que quelqu'un comme EUX, ces amis dont je parle. Je me suis surtout rendue compte de cela ces dernières années en voyant évoluer ma petite soeur qui me ressemble sur de nombreux points même si elle est moins indépendante et plus sensible que moi. Elle se retrouve très souvent blessée dans ses relations humaines, tourmentée par les petits soucis du monde professionnel entre autres, se sentant vite à terre sans que la vie soit pourtant SI difficile. Elle qui a été encore plus protégée, ou plutôt couvée devrais-je dire en tant que petite dernière. On a forcément plus de recul en regardant quelqu'un d'autre que soi même...

 

Ce qui m'a conforté dans l'idée de ne pas trop faciliter la vie de mes enfants, les laisser se débrouiller, ne pas en faire des assistés et de ce fait des gens affaiblis, leur apprendre à se débrouiller par leur propres moyens même si je serai toujours là  et que je veille sur eux. Je veux qu'ils comprennent l'importance qu'il y a à savoir gérer des situations complexes par eux mêmes, ne pas se tourner tout de suite vers la solution de facilité qui est de demander de l'aide à papa maman. C'est comme ça qu'on acquiert la confiance en soi. Je veux qu'ils soient indépendants, qu'ils sachent réagir, je veux les armer pour la vie, qu'ils soient prêts à l'affronter du mieux qu'ils peuvent avec confiance, intelligence et autonomie. Qu'ils sachent et comprennent qu'ils ont toutes les ressources en eux-même pour affronter tous les problèmes.

 

Je crois que c'est le plus beau cadeau que je puisse leur faire : ça et mon amour infini pour eux.


Publié dans De vous à moi...

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Le journal de Chrys 18/05/2012 12:52


Personnellement j'ai eu une enfance plutôt difficile avec des parents peu protecteurs mais c'était ainsi, aujourd'hui je ne leur en veux plus. Par contre cela m'a portée à être attentive à mes
enfants, parfois protectrice sans sur-protection car oui, ce sont les petites difficultés de l'enfance (et comment on les gère) qui permettront aussi d'être fort plus tard!


Mon fils a maintenant 22 ans et il mène sa vie, ses études, son autonomie  fabuleusement, j'en suis très fière (ben oui) quant à ma fille de 15 ans, nous sommes très proches, plus elle
grandit, plus elle devient autonome, plus elle m'émerveille. Et pour autant, je ne crois pas avoir sacrifier quoique ce soit de ma propre vie.


Chacun fait son chemin, je suis là pour eux, ils le savent mais ils savent aussi que je poursuis ma route, mes joies, mes passions et c'est le meilleur exemple qui soit pour eux!


J'ai du mal avec l'idée de certaines mamans qui "sacrifient" tant d'elles-mêmes pour leurs enfants. Je ne suis pas sûre que cela serve la vie future de leur enfant.

Fille au pair 18/05/2012 09:47


C'est fou comme je me retrouve dans tes propos, j'ai l'impression que tu décris ma propre vie (mis à part que je suis toujours étudiante, fille au pair en ce moment). Je trouve ton article très
bien écrit et tellement vrai...

Nelly 17/05/2012 11:20


Très beau billet.


C'est vrai que en temps que parents il faut arriver, quand la vie n'apporte pas elle-même des bâtons dans les roues, à doser son amour et une trop grde protection pour que les enfants puissent
devenir autonome et indépendant...


La vraie vie, ils commencent doucement à la cotoyer à l'école. Ils ne se font pas de cadeaux entre eux, en début de carrière je pensais que la méchanceté venait "de la famille", que les enfants
qui faisaient des réflexions méchantes et gratuites étaient forcément des enfants qui la cotoyaient... mais après reflexion, et bien non, je m'en suis rendu compte en apprenant à connaître
certaines familles et avec ma propre fille, qdelle était + petite... qui en essayant d'analyser la chose faisait ça (je pense) pour se sentir supérieur alors qu'elle manquait de confiance en
elle... Face à ces méchancetés, il y a les enfants qui pleurent et ceux qui se défendent, là aussi je pense que l'éducation des parents rentrent en jeu même si le caractère de chacun joue aussi
bcp.

Ragnagna 17/05/2012 11:09


J'ai eu une enfance comme la tienne, protégée et choyée, mais j'ai pour autant toujours relativisé mes petits problèmes à l'aune des autres, sans doute à cause d'une empathie assez développé.


Malgré cela je suis d'accord avec ta conclusion, en laissant tes enfants essayer de se débrouiller, tu leur donnes confiance en eux, et ça c'est ce qu'il y a de plus important pour se construire.

Celine Walea 17/05/2012 10:07


La vie n'est pas toujours une partie tendre,c 'est vrai. Je me suis toujours dit que les difficultés que je rencontrais jeune me renforcer pour ma vie entière. Mais je souhaite protéger mes
enfants de ces obstacles, sans leur mentir sur ce qui peuvent les attendre.