Le décloisonnement est loin d'être LA solution.

Publié le par Maman@home, blog de maman

Raichu en colère

Raichu en colère

Je vous parlais il y a peu des bienfaits du décloisonnement que nous avions mis en place avec les instituteurs et la directrice dès la rentére en mai. Je vous expliquais combien nous étions tous enchantés et ravis de cette belle expérience, à quel point cela rassurait tout le monde, Petit Loulou le premier bien sûr. Mais tout cela n'était qu'un leurre. Ca n'a pas duré plus de 3 semaines. Stop le wagon du bonheur, tout le monde descend. C'était trop beau, trop simple.

Nous avons eu RDV avec les instituteurs, CP et CE1 ainsi qu'avec la directrice il y a 15 jours, soit 3 semaines et demi après le début de l'expérience, je vais l'appeler comme ça dorénavant. L'idée était de faire un point après quelques jours de matinées en CE1, de voir comment Petit Loulou se comportait à l'école, chez nous et si tout allait bien. Une toute petite semaine avant ce "bilan" nous n'avions que des retours positifs, il était question de le passer tous les matins en CE1 pour qu'il avance et soit préparé au mieux pour septembre.

La réunion a commencé par l'analyse de l'institeur de CE1 donc "En maths et en français tout se passe très bien, il sait et quand il ne sait pas il capte vite, tout roule blablabla mais ce n'est pas le cas dans toutes les matières... en anglais par exemple il a du mal ... et à la chorale aussi, même si ce sont les mêmes chansons que les CP il n'est pas motivé blablabla. J'avais envie soit 1- d'exploser de rire tant c'était ridicule, non mais sérieusement l'anglais et la chorale? 2- de lui exploser la tête. Oui je sais c'est quelque peu violent mais vu l'état de nerf dans lequel j'étais déjà à ce moment là et l'entendre dire des choses aussi bêtes !!! Au secours.

Il ne s'intègre pas aux autres, il fait des erreurs, va trop vite, sé précipite, ne sait pas se corriger ou se relire, l'écriture n'est pas soignée et puis il manque de matutité.

1- Il ne s'intègre pas : alors oui forcément il est arrivé début mai, dans une classe où les élèves se connaissent depuis au minimum 8 mois et pour la plupart même depuis la maternelle, il n'a été là que 3 matinées par semaine avec tous les jours fériés et n'est pas pote avec tout le monde au bout de 3 semaines.

2- Il fait des erreurs : bien bien bien donc les autres élèves de CE1 de la classe de ce monsieur n'en font pas, quelle chance c'est inouï.

3- Il va trop vite, ne se relis pas : voilà voilà voilà donc en fait ce monsieur ne connait rien aux EIP et n'a d'ailleurs pas pris la peine de se renseigner puisque c'est le principe même des enfants intellectuellement précoces (ducon j'ai envie de dire, oui je suis très agacée j'avoue). Jusque là Petit Loulou a toujours SU sans se faire violence, sans apprendre, il n'a pas de méthode de travail c'est bien pour ça, entre autres, que nous souhaitons lui faire sauter une classe, pour le booster, lui apprendre la notion d'effort.

4- L'écriture n'est pas soignée : en effet les 2 dernières pages c'était la cata, mais les autres sont bien, pas parfaites certes mais pas plus mal que la majorité des élèves de sa classe, évidemment pas le cahier de la petite qu'il nous a mis sous les yeux "vous voyez ELLE comment elle s'applique". Et puis on le connait notre loulou quand il n'a pas envie ...

5- Il manque de maturité : encore un rire à gorge déployé que j'ai contenu tant "ils" sortent cette pancarte à chaque fois, c'est THE argument des instituteurs (je parle des instituteurs de Petit Loulou, pas de généralités).  Il ne s'agit pas là de manque de maturité mais d'hyperémotivité et d'hypersensibilité. Et là encore c'est LA particularité d'un enfant précoce (ducon ai je encore envie de dire). Il suffit de se renseigner un peu, certains instit le font très bien d'ailleurs.

http://www.charivarialecole.fr/il-est-precoce-trop-immature-pour-sauter-une-classe-a107512690

http://www.charivarialecole.fr/il-est-precoce-trop-immature-pour-sauter-une-classe-a107512690

La directrice était 300% d'accord avec l'instituteur. Nous n'étions pas surpris puisque c'est elle qui freine des quatre fers depuis le début. Son fils est un EIP, il a sauté une classe et elle ne s'en remet pas, bien qu'il soit en 3° avec des 20 de moyenne et très heureux. Très mauvais de faire une projection. Bref. Notre fils est en souffrance (il souffle quand il apprend qu'il va passer la matinée en CE1), il est un peu agité l'après midi quand il retourne en CP (étrange d'être content de retrouver ses potes qu'il n'a pas vu le matin), elle ne veut que son bien (parce que nous non évidemment) et il n'y a pas d'urgence... Pourquoi ne pas faire une rentrée en CE1 normalement en septembre prochain et faire un décloisonnement en CE2 tous les matins jusqu'aux vacances de La Toussaint pour un passage en CE2 ensuite.

Reculer pour mieux sauter en quelque sorte. Je suis en colère. A quoi bon nous avoir fait part de ses aptitudes en septembre dernier, de son ennui en classe, nous avoir conseillé de faire un test de QI chez une psychologue pour se retrouver en face d'une directrice qui ne se sent pas capable d'encadrer un EIP, et ce depuis le début. Peut être l'institutrice aurait elle dû en parler avec la directrice avant de nous "alerter". A quoi bon faire appel à une psychologue si personne ne l'écoute alors que c'est la seule professionnelle au sein de l'équipe éducative ? La seule qui a le recul et la connaissance de ces enfants atypiques.

Nous avons hier rencontré à nouveau la psychologue qui a souri et réagi aux mêmes bêtises que moi de la part de cet instit qui n'a pas pris le temps de lire 4 pages sur le net afin de savoir un peu de quoi il s'agissait, avant d'accueillir dans sa classe en enfant à haut potentiel mais qui se permet tout de même de faire une "analyse" et donner son avis. Un avis de professionnel sérieux et concerné donc. Un avis pourtant déterminant dans la vie scolaire de mon enfant et pour son équilibre. Nous avons décidé d'arrêter ce décloisonnement et de laisser Petit Loulou tranquille jusqu'à la fin de l'année. Cette demi mesure n'est pas bénifique pour lui, le rend malheureux et l'insécurise totalement. Le décloisonnement n'est pas la bonne solution pour lui.

Prochaine étape : contacter l'nspecteur de l'Education Nationale et organiser un RDV avec l'équipe éducative au plus tôt afin de prendre au sérieux la situation de mon fils avec une vraie décision quant à sa prochaine rentrée, CE1 ou CE2, mais pas de demi mesure et des instituteurs qui ont envie de bien faire leur job. J'effectue un retour en fanfare moi :-( Allé courage.

Publié dans Nos bambins

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Fabienne 11/06/2016 10:24

Ousps, non, le décloisonnement n'est pas une solution ; proposé par l'enseignant de CP à mon mini, mis en place très mal par une équipe pédagogique peu motivée, ça a été un fiasco ; au passage, j'en ai pris plein la poire, moi la mère (il est tout petit, vous vous rendez compte du décalage qu'il vit ? pourquoi voulez-vous qu'il brûle les étapes ? il a tous ses copains en CP, en CE1 il ne connaît personne -ben oui, évidemment : il vient d'y arriver et il n'y passe que deux/trois matinées/semaine), et mon fils aussi (tu dois apprendre à attendre les autres, ça ne sert à rien d'aller à toute vitesse, tu vois, tu ne comprends pas les consignes -consignes qu'il n'avait même pas, l'enseignante de CE1 ne lui donnant pas les devoirs puisque "il n'est pas à plein temps avec moi"). Bref, le psy qui l'avait testé nous a conseillé une réintégration en CP jusqu'à la fin de l'année, et un saut de classe ; j'ai fait le forcing pour ce saut de classe, pour lequel l'équipe était réticente du fait, notamment, de la petite taille de Junior (on croit rêver !), de sa fameuse "immaturité", de son calme en classe (on peut remplacer calme par ennui profond...). Le saut de classe a été très rude, il était contre et a très mal vécu sa rentrée en CE2 ; mais après quelques semaines, le bonheur enfin : un gamin joyeux, souriant, qui rechignait moins à aller en classe et s'est fait des nouveaux copains qui lui ressemblent, avec qui il s'éclate depuis 3 ans maintenant.

sousou 09/06/2016 19:18

Ahhh j'ai entendu les mêmes bêtises pour mon fils:
- immâture (non non madame hypersensiblité) ,
- ne soigne pas son travail (oui forcément ce que vous faîtes avec lui c'est acquis depuis 3 ans alors sans doute qu'il s'ennuie et qu'il cherche à le faire savoir non???)
-ne s'intègre pas dans la classe (oui il a sans doute d'autres centres d'intérêts madame...)

Donc Xème RDV avec l'équipe pédagogique +psy scolaire qui refusent de lui faire sauter des classes. Résultat je décide de passer à l'instruction en famille et quand j'annonce cela à l'équipe, un véritable tollé '' olalalala mais madame vous ne rendez pas DU TOUT SERVICE à votre fils en faisant cela".

Mouais depuis , je n'ai jamais vu mon fils aussi content et épanoui!

Lucas 09/06/2016 17:55

Votre tribune est intéressante, mais peut-être a-t-elle perdu un peu côté lucidité en étant écrite sous le coup de la colère. Après tout, l'instituteur n'a fait que vous lister des symptômes avec lesquels vous êtes somme toute d'accord.
Pour ma part, je vous conseillerais de creuser du côté des témoignages d'adultes ayant été diagnostiqués précoces, surdoués, etc. (l’appellation change suivant les époques...), et de voir ce qu'ils pensent des aménagements scolaires ou sauts de classe qu'on leur a fait subir. J'ai connu quelqu'un pour qui avoir été diagnostiqué surdoué a ruiné son enfance et une partie de sa vie adulte : qu'on lui répète à longueur de temps "tu es très intelligent, mon chéri, tu es supérieur aux autres" lui a donné de gros problèmes psychologiques sur le long terme.
Et aussi, attention, les psychologues ont le diagnostique un peu trop facile à mon avis. Avoir un QI de 130-135 par exemple n'a rien d'exceptionnel... (mais votre fils a-t-il peut être beaucoup plus).
Le témoignage de Cédric ci-dessous est très intéressant !
Pour ma part, je suis très reconnaissant envers mes parents de ne pas m'avoir fait sauté de classe malgré un QI "élevé." Même si j'avais de grosses facilités dans certaines matières, j'ai pu grandir à mon rythme dans les autres et dans ma vie d'enfant.

maman rite 10/06/2016 09:59

bonjour, je me permets de rebondir sur votre commentaire. Le diagnostique des enfants HPI ne repose pas uniquement sur le test de QI et les parents qui disent à leur enfant HPI qu'il est supérieur aux autres n'ont pas compris. Les enfants HPI ne sont pas plus intelligents, supérieurs non ils pensent différemment de la majorité de la population. Ce sont parfois des enfants qui ont du mal avec les autres mêmes les enfants de leur age. Il y a des HPI qui font une scolarité classique sans saut de classe et en bonne harmonie, c'est chouette ! mais il arriva aussi qu'il y ai des enfants qui ne vont pas bien et je crois que c'est le cas pour le fils de maman@home dans ce cas il faut trouver une solution et malheureusement le milieu scolaire actuel n'est pas vraiment préparé à gérer le cas de ces enfants (et d'autres enfants qui ont d’encore plus gros soucis d'ailleurs). c'est dommageable !

ch 09/06/2016 15:05

Notre enfant est passé de CP en CE1 au bout de 3 semaines sans décloisonnement. La classe était multiniveaux. Tt s'est bien passé et tout le monde a été content. La seule difficulté - partielle - est la maturité mais je sais que cela ne changera pas : même niveau intellectuel mais 1 an de moins.La maitresse a été super et l'a bien accompagné comme nous a la maison.
Pour votre cas, je vous dirais, avec avis du psychologue, de le changer d'école et de le faire passer en classe supérieur car s'il s'ennuie cela ne sera pas bon ni pour lui ni pour son entourage scolaire.

Cedric 09/06/2016 12:32

Bonjour Maman@Home, votre témoignage me touche beaucoup, ayant été un enfant précoce dans les années 80/90. À l'époque, l'institutrice de CP et CE1, pourtant excellente par ailleurs, avait conseillé mes parents en défaveur d'un saut de classe à cause d'un risque de manque de maturité. Le problème est que je n'ai pas été plus mature en ne sautant pas de classe, et je m'y suis certainement plus ennuyé que si j'avais passé une classe.

Ceci dit, il y a peut-être quelques solutions alternatives à votre "problème", plus ou moins onéreuses malheureusement. La première est de faire apprendre à votre bambin beaucoup de choses en dehors de l'école. J'ai eu la chance d'avoir un grand-père qui m'a appris très tôt à coder, et cette occupation est devenu un excellent passe-temps qui m'a ouvert les portes d'entreprises formidables par la suite, où être un haut potentiel est la norme, et où j'ai trouvé un énorme épanouissement. Il y a des tas de sujets plus ou moins 'scolaires' qui peuvent s'apprendre en dehors de l'école et qui, à défaut de rendre l'école passionnante, permettent à un jeune précoce de s'épanouir. Le coût est plus ou moins élevé, selon qu'un tonton ou un ami de la famille peut aider ou pas - et ça peut être une excellente expérience pour le parent ou ami qui aide.

Ensuite, dans la catégorie qui coûte un bras, il y a les écoles type Waldorf. J'ai longtemps été réticent sur le sujet, mais après renseignement et témoignages de collègues qui travaillent avec moi en Californie, ça semble être une solution vraiment intéressante pour les surdoués - bien sûr ça ne résout absolument pas les problèmes que pose l'enseignement public ou même privé sous contrat. Mais si c'était à refaire, je pense que j'aimerais aller dans une de ces écoles.

Enfin, même si ces solutions sont peu pratiques ou impossibles pour vous, peut-être est il possible de négocier avec l'école pour faire en sorte que votre enfant ait du temps libéré, quitte à ce que ce soit dans une salle de classe de l'école, pour faire autre chose que suivre les cours, avancer à son rythme qui sera beaucoup plus élevé, et dissocier un peu l'école d'un sentiment de frustration. Peut-être que le laisser tranquille avec des livres un peu mieux faits que les manuels scolaires pour apprendre l'histoire, les sciences appliquées ou simplement le programme de maths de CM1 lui serait bénéfique ? Il pourrait même être mis à contribution pour aider ses petits camarades, une expérience socialisante, enrichissante et épanouissante que j'ai eu la chance de commencer au lycée, et que je pratique toujours, et officiellement, au sein de mon entreprise.

Et surtout, surtout, ne vous inquiétez pas sur dès histoires d'écriture. En 90 je disais déjà à mes professeurs que ça ne me servirait pas beaucoup plus tard, d'avoir une belle écriture, et en pratique, ça ne sert plus jamais. Aux Etats-Unis, les profs refusent même les copies manuelles passée la petite école, car c'est trop long à corriger par rapport à un devoir tapé sur un ordinateur !

Dans tous les cas bon courage, et si je peux vous être utile, n'hésitez pas à me contacter par e-mail.

Bien à vous,
Cedric

Mac 02/08/2016 17:48

Bonjour Cedric. les avis sont partagés sur le Waldorf. Je ne parle pas de celui de Californie. Mon fils n'a que 5 ans et réponds aux spécificités d'enfant précoce... En milieu d'année scolaire la maitresse nous a justement indiqué que le Waldorf serait peut être la solution, mais au Luxembourg plusieurs parents autour de moi me l’ont déconseillé (trop baba cool à priori... mais je ne peux pas confirmer cette critique)... la référence ici (au Luxembourg) c'est plutôt l'école française ou l'école européenne avec un accompagnement complémentaire sur mesure en fonction des moyens des moyens... Seulement ces écoles (privées) coutent un bras, plusieurs milliers d’euros par années...
Par contre j’adhère totalement à ta suggestion de permettre à l’enfant de s’épanouir avec des outils complémentaires à la maison. Je prends exemple sur mon fils, qui adore les chiffres, il a toujours une calculette en main... alors que c’est interdit en classe...
Seulement comme tu dis, le cout de ces outils n’est pas négligeant... mais moindre que le prix des écoles privées. Comme outil sympathique (je pense) l’autre fois nous avons au piano puisque le nombre de combinaison sonore est assez élevé... En plus de faire de la musique, cela devrait l’occuper pendant un temps certain... = aussi un break pour les parents surtout en présence de sa petite.
Cordialement